À Gemena, dans la province du Sud-Ubangi, la vente de produits agricoles, notamment l’arachide, tourne au ralenti. En cause : la non évacuation des récoltes vers les grands centres de consommation à cause du mauvais état de la route Gemena–Akula, un axe vital pour les échanges commerciaux.
Des tonnes d’arachides bloquées dans les villages
Parmi les nombreux producteurs touchés, Fifi Solange, membre de la Coopérative des Multiplicateurs du Sud-Ubangi (CAMSUB), témoigne :
« J’ai produit trois tonnes d’arachides cette saison, mais je n’ai pu en vendre qu’une seule. Le reste, on le consomme localement, faute de débouchés. »
Les routes dégradées rendent le transport coûteux et risqué. Les commerçants hésitent à s’aventurer sur cet axe, ce qui prive les paysans d’accès aux marchés provinciaux ou nationaux.
Transformer pour survivre
Face à cette impasse, la transformation locale apparaît comme une solution évidente, mais encore difficile à mettre en œuvre.
« La seule issue, c’est de transformer nos produits agricoles. Mais c’est un autre défi, car nous manquons de matériels et de formations », explique Fifi Solange.
Sans infrastructures adaptées ni appui technique, la majorité des producteurs continuent de subir les pertes post-récolte et la chute des prix sur le marché local.
Un appel à la relance des infrastructures rurales
Cette situation illustre un problème plus large : la faible accessibilité des zones agricoles du Sud-Ubangi. La réhabilitation des routes rurales et l’appui aux petites unités de transformation seraient essentiels pour redonner de la valeur à la production locale et améliorer les revenus des paysans.

La situation actuelle dans le Sud-Ubangi met en lumière un enjeu structurel majeur : l’insuffisante accessibilité des zones agricoles. Pour relancer durablement la production locale et améliorer les conditions de vie des communautés rurales, il est impératif d’investir dans la réhabilitation des routes rurales et de soutenir les petites unités de transformation agroalimentaire. Ces interventions permettraient non seulement de désenclaver les territoires, mais aussi de renforcer la chaîne de valeur agricole et d’accroître les revenus des producteurs.