Saturday, February 07, 2026
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RDC : Une année 2025 marquée par l’effondrement des droits humains et une crise humanitaire profonde

L’année 2025 s’est inscrite dans l’histoire de la République démocratique du Congo comme l’une des plus sombres en matière de violations des droits humains, de guerre et de souffrances civiles.
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L’année 2025 s’est inscrite dans l’histoire de la République démocratique du Congo comme l’une des plus sombres en matière de violations des droits humains, de guerre et de souffrances civiles. Le Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch documente, province par province, une série d’abus qui mettent à nu l’échec des autorités nationales et de la communauté internationale à protéger les populations.

Espace civique et libertés fondamentales sous pression

Tout au long de 2025, l’espace politique et médiatique s’est considérablement restreint. Les autorités congolaises ont accru la répression contre les opposants politiques, les organisations de la société civile et les journalistes critiques du pouvoir. Des menaces juridiques, y compris des mesures extrêmes contre ceux qui rapportent les abus des groupes armés, ont fait peser un climat d’intimidation et de peur.

Des journalistes ont été arrêtés, des activistes ont disparu et des organisations de défense des droits ont vu leur travail entravé par des pressions administratives et judiciaires. Cette stratégie vise à étouffer toute voix dissidente dans un contexte où les atrocités se multiplient au quotidien.

Une guerre qui se déchaîne dans l’Est

Le cœur de la tragédie humaine se trouve dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Au centre de cette crise, le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs sources, a intensifié son offensive, capturant des villes stratégiques telles que Goma et Bukavu et bouleversant l’équilibre fragile de toute la région.

Dans ces zones, la lutte entre le M23, les forces armées congolaises et d’autres milices a entraîné :

  • Des milliers de civils tués dans des bombardements et des attaques urbaines ;
  • Des expulsions forcées de populations sans garanties de sécurité ou de garanties humanitaires ;
  • Des déplacements massifs, avec plus de 5,7 millions de personnes à l’intérieur du pays déplacées et des centaines de milliers cherchant refuge dans les pays voisins.

Les combats ont aussi paralysé les opérations humanitaires, forçant le retrait ou la réduction des services essentiels dans des zones clés.

Violences sexuelles de masse et impunité

Une des dimensions les plus tragiques de ce conflit est l’usage de la violence sexuelle comme arme de guerre. Des femmes et des filles, mais aussi des hommes, ont été victimes de viols collectifs et d’abus systématiques commis par :

  • des combattants du M23 ;
  • des milices alliées aux forces gouvernementales ;
  • des éléments de l’armée congolaise elle-même.

Ces violences ne sont pas seulement des incidents isolés : elles s’inscrivent dans une dynamique de domination et de terreur où la justice tarde à être rendue. De plus, la réduction des financements internationaux a sévèrement affaibli les structures d’aide aux survivantes, laissant des centaines de femmes sans soins médicaux essentiels, sans accompagnement psychosocial ni accès à une justice réelle.

Attaques contre les civils et crimes de guerre

Au-delà des violences sexuelles, l’ensemble du rapport signale une multiplication des actes graves contre des civils :

Exécutions sommaires, enlèvements, tortures, attaques aveugles contre des villages ou quartiers résidentiels.

Des armes lourdes utilisées dans des zones densément peuplées ont fait des dizaines, parfois des centaines de morts parmi les non-combattants.

Ces crimes sont imputés non seulement au M23, mais aussi à d’autres groupes armés et aux forces dites « alliées », signalant un climat de guerre où la frontière entre belligérance et atrocité est estompée.

Réponse internationale et absence de reddition des comptes

Malgré des résolutions de l’ONU, des missions d’établissement des faits et des appels pour une commission d’enquête indépendante, la progression vers la justice est lente, freinée par :

des restrictions budgétaires ;

un manque de financement pour les enquêtes ;

des intérêts géopolitiques divergents.

Les efforts diplomatiques, y compris des accords de paix et des pressions internationales, n’ont pas encore réussi à arrêter la spirale de violence ni à garantir la sécurité des civils ou la responsabilité des auteurs de violations.

Au-delà des chiffres : les voix des témoins

Les témoignages recueillis par les organisations de défense des droits humains racontent une réalité que les statistiques seules ne peuvent capturer :

 Je suis partie de ma maison à l’aube, abandonnant tout, avec les cris qui résonnaient encore… Nous n’avons plus d’endroit sûr. 

Ces récits révèlent une population piégée entre la violence, la peur et la perte de tout espoir tangible de paix.

Rédaction

Rédaction

La rédaction de BAREPORTAGE est composé par une dizaine des journalistes situé en République démocratique du Congo.

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