Kinshasa figure désormais parmi les dix villes les plus polluées au monde. C’est ce que révèle un récent rapport publié parIQAir, spécialisé dans la surveillance mondiale de la qualité de l’air.
Selon les données publiées le 24 mai 2026, la capitale de la République démocratique du Congo affichait un indice de qualité de l’air (AQI) de 160, un niveau considéré comme « malsain » pour la santé humaine.
Cette situation place Kinshasa parmi les métropoles les plus exposées à la pollution atmosphérique, aux côtés de plusieurs grandes villes d’Asie et d’Afrique régulièrement confrontées à des pics élevés de particules fines.
Une pollution largement au-dessus des normes de l’OMS

Les données d’IQAir indiquent également qu’en 2025, la concentration moyenne annuelle de particules fines PM2.5 à Kinshasa atteignait 50,2 microgrammes par mètre cube. Ce chiffre dépasse près de dix fois la recommandation annuelle de l’Organisation mondiale de la santé, qui fixe le seuil acceptable à 5 µg/m³.
Les PM2.5 sont des particules microscopiques capables de pénétrer profondément dans les voies respiratoires et le système sanguin. Elles sont associées à plusieurs maladies chroniques, notamment l’asthme, les infections pulmonaires, les maladies cardiovasculaires et certains cancers.
Une ville confrontée à une urbanisation incontrôlée
À Kinshasa, plusieurs facteurs contribuent à cette dégradation de la qualité de l’air. La circulation automobile dense, les véhicules vieillissants, les groupes électrogènes, le brûlage des déchets ainsi que les activités industrielles informelles figurent parmi les principales sources de pollution.
Dans certaines communes fortement urbanisées, les embouteillages permanents et la poussière aggravent davantage l’exposition des habitants à un air toxique.
La croissance démographique rapide de Kinshasa, qui compte aujourd’hui plus de 17 millions d’habitants selon plusieurs estimations, exerce également une forte pression sur les infrastructures urbaines et environnementales.
Des risques sanitaires encore sous-estimés
Malgré ces chiffres alarmants, la question de la pollution atmosphérique reste encore peu prise en compte dans les politiques publiques en RDC.
Pourtant, les spécialistes de santé environnementale alertent depuis plusieurs années sur les conséquences sanitaires de l’exposition prolongée à un air pollué, notamment chez les enfants, les personnes âgées et les populations vivant à proximité des grands axes routiers.
Les épisodes de pollution peuvent aussi affecter la productivité économique, augmenter les dépenses de santé publique et réduire l’espérance de vie.
Vers une prise de conscience environnementale ?
Le classement de Kinshasa parmi les villes les plus polluées du monde pourrait relancer le débat sur les politiques environnementales urbaines en RDC.
Plusieurs experts plaident pour le développement de transports publics moins polluants, l’amélioration du contrôle technique des véhicules, la réduction du brûlage des déchets et la création de systèmes locaux de surveillance de la qualité de l’air.
Dans une ville confrontée simultanément aux défis de l’urbanisation, de la santé publique et du changement climatique, la pollution atmosphérique apparaît désormais comme une urgence silencieuse.
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