Depuis 2012, le Mouvement du 23 mars (M23) mène une insurrection armée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), notamment dans les provinces du Nord‑Kivu et du Sud‑Kivu. Le groupe, issu d’anciens rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), s’appuie sur des revendications ethniques et territoriales, tout en étant accusé de violations graves des droits humains.
Le Rwanda, voisin du Kivu occidental, a longtemps nié toute implication directe, invoquant uniquement des préoccupations sécuritaires liées à la présence de milices hostiles à sa frontière.
L’avènement du « document » rwandais
Le 22 janvier 2026, l’ambassadrice rwandaise aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, a publié sur le site de l’ambassade un texte retraçant, du point de vue de Kigali, l’historique du conflit. Ce document constitue la première admission officielle du soutien rwandais au M23, sous la forme d’une « coordination sécuritaire ».
Nous participons à la coordination sécuritaire avec le groupe rebelle AFC/M23 afin de protéger les populations tutsi et prévenir toute résurgence de violences génocidaires ,
Cette déclaration rompt avec les précédentes « déclarations de préoccupation sécuritaire » et ouvre la porte à une responsabilité politique plus explicite.
Réactions en Afrique
La presse congolaise
Les médias congolais, dont B‑One TV, ont immédiatement qualifié l’annonce de « tournant diplomatique ». Selon eux, le Rwanda « déploie ses forces, directement ou indirectement, en territoire congolais », confirmant ainsi les accusations de Kinshasa depuis longtemps.
Analyse de la portée du texte
Afrik.com souligne que le vocabulaire employé par l’ambassadrice reste volontairement vague :
« Échanges de renseignements »
« Synchronisation tactique sur le terrain »
« Appui logistique direct »
« Coordination opérationnelle »
Ces termes laissent place à plusieurs interprétations, mais ils sont suffisants pour engager la responsabilité politique du Rwanda.
Implications diplomatiques
Pression internationale
La reconnaissance rwandaise pourrait déclencher de nouvelles sanctions ciblées ou une intensification de la pression diplomatique, notamment de la part de l’Union européenne, des États‑Unis et de l’ONU, qui surveillent de près les flux d’armes et les violations des droits humains dans la région.
Réaction de Kinshasa
Le gouvernement congolais pourrait exploiter cet « aveu » comme levier pour demander des compensations, renforcer les sanctions contre le Rwanda, ou solliciter une intervention plus ferme de la communauté internationale afin de mettre fin aux soutiens extérieurs au M23.
Perspectives sur le terrain
Sur le plan militaire, le M23 continue de contrôler des zones stratégiques du Nord‑Kivu, notamment autour d’Uvira, où le groupe a récemment annoncé un retrait suivi d’accusations de « diversion » de la part de la RDC.
Le rôle exact du Rwanda dans les opérations du M23 reste à préciser : s’agit‑il d’un soutien logistique limité ou d’une coopération plus étroite ? Les prochains rapports de terrain et les enquêtes internationales seront déterminants pour éclaircir ces points.


