En janvier 2026, la République démocratique du Congo enregistre une évolution modérée mais significative de sa population réfugiée. Selon les données consolidées du mois, le nombre total de réfugiés est passé de 503 733 en décembre 2025 à 504 117, soit une augmentation de 0,07 %.
Cette progression, bien que marginale en valeur relative, traduit des dynamiques démographiques et administratives précises.
Une croissance liée aux naissances et aux ajustements administratifs
L’augmentation observée s’explique principalement par :
- L’enregistrement de naissances au sein des communautés réfugiées ;
- La mise à jour des statuts à la suite de la Détermination du Statut de Réfugié (DSR) 2025 ;
- La régularisation de dossiers en attente.
Les principales nationalités concernées par ces naissances sont les réfugiés centrafricains, sud-soudanais et somaliens, confirmant la dimension régionale et continentale des flux migratoires vers la RDC.
Dans un contexte sécuritaire instable dans plusieurs pays voisins, la RDC demeure un pays d’accueil majeur en Afrique centrale, malgré ses propres fragilités internes.
Demandeurs d’asile : une baisse apparente mais des retards d’enregistrement préoccupants

Contrairement à la population réfugiée reconnue, le nombre de demandeurs d’asile a légèrement diminué, passant de 100 118 à 99 873 personnes.
Cette baisse s’explique par :
- Des régularisations de statut (passage au statut de réfugié reconnu) ;
- Des cas de décès ;
- Des départs spontanés hors du territoire.
Cependant, derrière cette baisse globale se cache une réalité plus complexe.
Un enregistrement biométrique largement incomplet
Sur les 99 873 demandeurs d’asile recensés :
- 3 932 sont enregistrés dans le système proGres ;
- 95 941 ne le sont pas encore.
Cette situation concerne principalement :
- 30 941 Sud-Soudanais dans le territoire d’Aru ;
- 65 000 Centrafricains dans le territoire d’Ango (Zapay).
Ces populations attendent toujours leur enregistrement biométrique, étape essentielle pour l’accès aux services, à la protection internationale et à l’assistance humanitaire.
Le retard dans le déploiement de l’enregistrement biométrique soulève des enjeux critiques :
- Identification et protection juridique ;
- Accès aux soins et à l’éducation ;
- Prévention des fraudes et double enregistrements ;
- Planification efficace de l’aide humanitaire.
Pour les acteurs humanitaires, l’accélération du processus biométrique devient une priorité stratégique.
Retour volontaire : un cas symbolique

Au cours du mois de janvier, un ancien réfugié congolais est retourné en RDC en provenance d’Eswatini.
Bien que numériquement marginal, ce retour rappelle que la RDC n’est pas uniquement un pays d’accueil : elle demeure également un pays d’origine pour des réfugiés disséminés à travers le continent.
Entre pression régionale et résilience nationale
Avec plus d’un demi-million de réfugiés et près de 100 000 demandeurs d’asile, la RDC reste un acteur central de la protection internationale en Afrique.
Mais ces chiffres soulignent aussi :
- La pression croissante sur les territoires frontaliers ;
- La nécessité de renforcer les capacités administratives ;
- L’urgence d’investissements dans les systèmes d’identification et de gestion des données ;
- L’importance d’un soutien accru des partenaires internationaux.
Pour BAREPORTAGE, ces données rappellent une réalité essentielle : derrière chaque chiffre se trouvent des trajectoires humaines, des naissances en exil, des attentes administratives longues et parfois invisibles, et des communautés suspendues entre protection et incertitude.
L’année 2026 s’ouvre ainsi sur un double défi : consolider la protection des réfugiés reconnus et accélérer la régularisation des milliers de demandeurs d’asile encore en attente d’enregistrement biométrique.


